Si le couvent de Malèves m'était conté.

Malèves  (origine latine Mala Via: mauvais chemin)

Malèves, un tout petit village perdu aux confins du Brabant Wallon, porte bien son nom.

De petites routes étroites garnies de gros pavés glissants, relient Malèves à Sainte-Marie et Wastines pour ne former qu'une seule commune, qui sera dépendante de Perwez, suite à la fusion des communes en 1977.

Ces routes sont parcourues par des attelages de bœufs ou de vaches, ou encore par des attelages de trois ou cinq chevaux brabançons, lents, puissants, qui traînent des chariots aux roues cerclées de fer . Ces équipages surchargés au plus haut et au plus large cheminent lentement et ont bien de la peine à se croiser en empiétant sur les bas côtés, qu'ils labourent parfois profondément.

Ce le village est surtout peuplé de fermiers, dont les fumiers tracés au carré trônent au milieu de la cour, picorés par une nombreuse volaille, et attestent de par leur dimensions de la réussite du maître de céans.

Les journaliers habitent des maisons plus petites, mais chacun élève sa vache, ses poules, sa chèvre, ses porcs afin de subvenir à leurs besoins. Ils cultivent également leur jardin, afin de pouvoir vivre en autarcie.

Monsieur le Maître , l'instituteur du village, partage avec Monsieur le Curé l'influence des gens instruits. Le bourgmestre, le secrétaire communal et le garde champêtre se partagent l'autorité et l'administration. Le boulanger, le maréchal ferrant et le magasin sont les endroits ou l'ont se rencontre. Il n'y a ni voiture, ni moyen de communication. Seul le médecin se déplace en voiture, voir à cheval ou à vélo.

A cette époque le Baron et la Baronne de Vrints étaient les châtelains de Malèves. Sans enfants et bien nantis, ils adoraient leur village et rêvaient de lui donner un maximum de confort surtout éducatif et médical.

Le Baron de Vrints faisait de la politique et était, bien que chrétien, sénateur libéral. En ce temps, cette attitude était très contradictoire.

Vint l'année 1890, année de crise. Pour donner du travail à la région, ils se lancèrent dans d'énormes travaux, dont Malèves devait être le premier bénéficiaire.

Ils aménagèrent entièrement le château, reconstruisirent l'église et construisent le couvent.

C'est aux sœurs de Saint-Joseph, ordre hospitalier, qu'échut l'honneur de s'y installer les premières en l'an de grâce 1891.

Le « château » garantissait le couverture de leurs besoins et elles avaient pour mission de soigner les malades, ensevelir les morts, rassembler et éduquer les jeunes filles et organiser ce qu'à l'époque on appelait « la pesée », appelée aujourd'hui consultation des nourrissons.

La petite équipe de trois religieuses, la révérende Mère supérieure, la sœur infirmière et la sœur cuisinière, travaillait la main dans la main avec Monsieur le Curé et l'unique docteur de Perwez. On les voyaient frêles silhouettes toutes vêtues de noir, cheminer sur les mauvais pavés, traînant avec elles un énorme cabas qui recelait une bonne partie de leur pharmacie, toujours bien pourvue, pour rendre visite aux personnes âgées et aux malades. Leur grand patron, d'un blanc éblouissant les jours de fête, les faisait repérer de très loin. Leur influence était bien entendu prépondérante dans le village et gare aux candidats aux élections qui n'allaient pas régulièrement à la messe.

Souvent le soir, elles réunissaient les jeunes filles , organisaient des soirées afin de leur apprendre la couture, la cuisine, et bien entendu les soins aux malades et aux enfants.

Leur jour de gloire qu'elles partageaient avec Monsieur le Curé était le 15 août. Ce jour-là, le village tout entier participait à la grande procession qui traversait toute la localité en s'arrêtant à de nombreux reposoirs tous plus beaux les uns que les autres.

Ces demoiselles, vêtures de longues robes blanches qu'elles avaient elle même réalisées, précédaient le dais et le Saint Sacrement, portant cérémonieusement les statues de la vierge et celles de l'enfant Jésus, tout en lançant des

œillades coquines à leur prétendant, malgré la surveillance des religieuses confites en dévotion.

Tous les premiers mardi du mois avait lieu la « pesée ». Les jeunes mamans venaient de tous les villages voisins faire examiner les bébés par Monsieur le Docteur. Chacun était pesé et ausculté. De bons conseils étaient prodigués et c'était une fête pour chacune des mères de se renconter, de comparer leur poussins et de trouver toujours le leur plus beau que celui du voisin .

C'est après la guère 40/45 que les religieuses de Saint-Joseph, par manque de vocations, durent abandonner Malèves. C'est certainement avec émotion que les plus anciens d'entre nous se rappellent leur dévouement et leur départ. Ils se souviennent certainement de sœur Léontine.

Entre temps, le domaine de Malèves et son couvent, avaient été légués par la Baronne de Vrints à son neveu, le Comte Charles Cornet d'Elzius, qui l'a lui-même légué à son fils , le Comte Etienne Cornet d'Ezius. C'est ce dernier qui assumera les recherches pour trouver une communauté qui voulait bien reprendre la charge du couvent de Malèves.

Entre temps, le domaine de Malèves et son couvent, avaient été légués par la Baronne de Vrints à son neveu, le Comte Charles Cornet d'Elzius, qui l'a lui-même légué à son fils , le Comte Etienne Cornet d'Ezius. C'est ce dernier qui assumera les recherches pour trouver une communauté qui voulait bien reprendre la charge du couvent de Malèves.

Entre temps, le domaine de Malèves et son couvent, avaient été légués par la Baronne de Vrints à son neveu, le Comte Charles Cornet d'Elzius, qui l'a lui-même légué à son fils , le Comte Etienne Cornet d'Ezius. C'est ce dernier qui assumera les recherches pour trouver une communauté qui voulait bien reprendre la charge du couvent de Malèves.

L’orientation différait et les Ursulines de Wavre Notre Dame, un ordre enseignant, reprirent le flambeau. A part les soins médicaux, leur mission restait la même. Une donation les rendit propriétaire du couvent, donation réalisée cependant sous condition suspensive d'y garder à perpétuité trois religieuses.

Mère Berchmans, la supérieure, sœur Victorine l'enseignante et sœur Henriette, fine cuisinière pétillante de malice et de joie de vivre débarquèrent un beau jour et la vie du village reprit son cours.

Très rapidement, elles installèrent une salle de classe « gardienne » dans la grande salle au rez-de-chaussée. Le reste de l'immeuble restant conventuel.

Un comité scolaire fut créé pour obtenir des subsides et l'école gardienne, ancêtre de « Ma petite école » prit son essor.

Vingt cinq ans passèrent encore, mais les novices qui venaient y passer leurs vacances d'été, déferlant dans les rues du village ou dans le parc pour y faire provision de tilleul s’amenuisaient de plus en plus, jusqu'au jour où la communauté du déclarer forfait et rendre à la famille du Comte Didier Cornet d'Elzius, le couvent de Malèves.

Celui-ci fut alors alors porté à l'ASBL Clémentine de Vrints , qui en est aujourd'hui la propriétaire, et essaye avec l'aide de « Ma petite école » de perpétuer les vœux de sa fondatrice.

Le couvent de Malèves avait disparu, « Ma petite école » prit le relais.

En septembre 1971, après le départ de soeur Victorine, Brigitte Colinet reprend avec beaucoup de courage et peu de moyens financiers, une classe de 13 enfants. Ils sont presque tous de Malèves et ses environs. Le reste du bâtiment est pris en charge par l'Abbé Virlet de Charleroi pour des retraites d'étudiants.

Une seconde classe s'ouvrira en septembre 1974, et sera tenue par Nicole Lacroix.

  

Nous ne terminerons pas ce retour en arrière sans une pensée à celles qui sont venues en tant qu'intérimaire, ni à tous ceux et toutes celles, qui au garderies, au repas du midi, dans l'asbl et le Pouvoir Organisateur, ont aidé et aident encore l'école, et et qui font que l'on n'oubliera jamais « Ma petite école » que l'on 10 ans, 20 ans, 50 ans......de plus.

Lorsque Brigitte quitta l'école en septembre 1976, elle fut remplacée par Geneviève de Vinck jusqu'en 1978.

Le reste du bâtiment étant libéré, il sera mis en location.

Nous quitte aussi le Père Debiesme, président du Pouvoir Organisateur, à qui succédera Guy Sténier.

Madame Rappe débute dans ses fonctions cette année là, et ce jusqu'en 1980.

En septembre 1980, les enfants affluent de partout et avec beaucoup d'enthousiasme s'ouvrira une troisième classe, tenue par Anne Legrand. L'école compte alors 56 enfants.

En 1981, Diane Longin arriva à l'école.

En 1982 Nicole Lacroix quitte l'école et est remplacée par Nicole Devriendt, Anne Legrand devint alors chef d'établissement.

En 1984, Ingrid Sneessens renforce l'équipe en tant que puéricultrice.

L'école connaît des hauts et des bas au niveau de la fréquentation, en 1985, il n'y a plus que deux classes et en 1987, »Ma petite école » ne se compose plus qu'une classe de 13 élèves tenue par Anne Legrand, qui assuma simultanément les fonctions de chef d'établissement et de titulaire de classe.

Après ces années de tourments, le travail des uns et l'espoir des autres fait que l'école persiste.

En effet sa réputation n'est plus à faire, en septembre 1988,l'école comptait 18 enfants et deux puéricultrices à mi-temps, Annie Henry et Nathalie Dechenne.

En 1989, une deuxième classe s'ouvre à nouveau, avec Chantal Bertrand , elle travail en co-titulariat , aidées toujours par deux puéricultrices, Nathalie Dechenne étant remplacée par Edith Richard. Les enfants sont 27 au total.

En 1990, l'école comptait 33 enfants, en 1991, 43 petits bouts, c'est cette année là qu'on les appellera, coccinelles, chats, lapins et écureuils suivant leur âge.

En 1991, Duksil Michotte vint compléter l'équipe.

Au fil des années l'école a subi de nombreux aménagements, construction d'un escalier extérieur, de nouveaux sanitaires, aménagement des classes d'en haut et de la bibliothèque...

Le nombre d'enfants va fluctuant d'année en année, on compte entre 30 et 45 enfants, nous gardons ainsi l'encadrement familial qui nous est cher.

Depuis lors, l'école compte 3 institutrices maternelles : Chantal Bertrand, Duksil Michotte et Anne Deleu-Legrand, qui dirige également l'école.

En juin 2014 Anne Deleu prend sa pension. Elle est remplacée par Valérie Hauwaert au poste de chef d'établissement et titulaire de classe.

Quand les enfants quitteront « Ma petite école », c'est qu'ils seront devenus des « girafes » et que l'école primaire aura pris le relais.

Nous ne terminerons pas ce retour en arrière sans une pensée à celles et ceux qui sont venus en tant qu'intérimaire, ni à tous ceux et toutes celles qui, aux garderies, au repas du midi, dans l'asbl et le Pouvoir Organisateur, ont aidé et aident encore l'école, et qui font que l'on n'oubliera jamais « Ma petite école » que l'on ait 10 ans, 20 ans, 50 ans......de plus.

L'asbl Clémentine de Vrints, propriété de la Princesse Nathalie de Lobkowicz, est gérée à ce jour par les Comtes Etienne et Xavier Cornet d'Elzius.